Au
début de l'hiver 1943, nous avons livré pour les maquis de la
région d'Ambert (Puy de Dôme) des pantalons et des vêtements
chauds avec le camion de St Gazogène, conduit par Aurus, un résistant
de Paris Soir avec la complicité de Monsieur Prouvost et son argent !
Le
31 Décembre 1943 - Depuis le sabordage du "Progrès"
de Lyon, un seul quotidien lyonnais subsiste "Le Nouvelliste". En raison
de son caractère aggresivement collaborateur, la résistance l'a désigné
pour être le jouet et la victime d'une fantastique opération de propagande
à la gloire de la résistance française et de ses maquis.
Un faux Nouvelliste sera vendu à la place du vrai dans les rue de Lyon,
les articles qu'on y lira seront à la gloire de la résistance française,
des maquis et des armées alliées.
C'est
Pierre Seize, journaliste de Paris Soir qui écrira les articles, c'est
Amy Bellot qui fera la mise en page et, c'est ainsi que le 31 décembre
1943, sous la responsabilité de Philippe Boegner, de Maurice Aimé et
sous la direction de Henri Jaboulay chef de l'A.S. de la région Rhône-Alpes entre 6 et 7 heures du matin que quatres camionettes de Paris Soir ont retiré
des kiosques et des maisons de presse la véritable édition du Nouvelliste
sous prétexte de ré-édition pour censure d'article. Le succès
fut total, à 11 heure la milice intervient, mais les kiosques ont été
dévalisés !
Février
1944 - en mission dans le secteur de Bellegarde, sous les ordres du Lieutenant
Bovagnes, celui-ci a été tué au cours d'une embuscade sur la voie ferrée
à Seyssel. Suite à son décés, j'ai effectué
plusieurs missions avec les camps de maquisard du plateau du Retord, sous les
ordres du Docteur Vullard, chef du sous-secteur. La résistance m'envoya,
également à cette période à plusieurs reprises dans
le Sud-Est. Grillé à Lyon suite à une dénonciation
de mon appartenance à la résistance, je mis ma famille à
l'abri et, rejoignis le maquis où je fus versé au service "sécurité".
A
la libération de Lyon, versé à l'Etat Major de la Prévôté
FFI au grade de Sergent-chef sous les ordres du commandant Claeys, responsable
du maquis "le Coq Enchaîné", du lieutenant colonel Mary,
du capitaine Michel Dequaire, du capitaine Thorelle et du commandant Raphène,
nous avons participé à de nombreuses arrestations de miliciens,
de collaborateurs et de membre de la police allemande.
Le commandant
Raphène était le chef de bataillon des servcies du contrôle
des rapatriements de C.P.A.F. de la XIVème région militaire pour
le criblage des prissonniers et déportés. Sous ses ordres et, avec
le peu documents dont nous disposions, nous avons pu détecter les faux
prisonniers et faux déportés qui rentraient en france avec des papiers
subtilisés à des morts.
Par
la suite, j'ai eu le choix de rester dans l'armée ou de rester dans la
gendarmerie. J'ai préféré la démobilisation le 1er
juin 1945 et, de retour à Paris, avec l'aide de Philippe Boegner, je repris
mes activités dans la Presse.
La
période de ses quatres années que nous avons passé, a laissé
des traces profondes ... Désintéressement, oubli, négligence...